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مكتبة هشام ادم(هشام آدم)
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نقد الانتلجنسيا السودانية

23-06-2007, 09:51 AM

هشام آدم
<aهشام آدم
تاريخ التسجيل: 06-11-2005
مجموع المشاركات: 12064

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Re: نقد الانتلجنسيا السودانية (Re: هشام آدم)

    _________________________

    النص الفرنسي لمترجم لقصة "مدن ومدن أخرى"
    الكاتب : رانيا مأمون
    ترجمة: مريم العلاوي


    Des villes… et d’autres

    Elle m’importuna fortement alors que je tentais de l’éloigner de mon visage et qu’elle refusait de le faire.

    Un doute s’empara de moi : j’avais peut-être quelque chose sur le visage qui l’attirait, des petites particules de sucre ou des taches de saleté. Et bien que je sache que mon visage était propre, du moins assez pour ne pas attirer des mouches, je l’essuyai à l’aide du mouchoir que je tenais dans la main, puis, pour plus de certitude, je sortis mon portefeuille, sur lequel était fixé un petit miroir.

    Il semblait que la mouche m’attendait, dans l’autocar que j’avais choisi pour mon voyage. Je suis sûre qu’elle m’attendait. Car j’étais à peine installée sur mon siège, qu’elle commença d’abord à me courtiser, puis à m’effleurer, pour finir par me déranger, faisant accroître le malaise et l’inquiétude que j’éprouvais déjà.


    J’étais assise près d’une dame qui devait avoir la quarantaine, sur l’un des deux premiers sièges à droite du chauffeur. La route se découvrait devant nous, et je me rappelai le conseil de ma mère, qui craignait les accidents de circulation dans les rues de Khartoum : il faut toujours s’asseoir sur l’un des sièges du côté du chauffeur – car les chances de survie y sont plus grandes. Sur le siège situé immédiatement derrière le chauffeur, était assis un homme et à ses côtés, une jeune fille.


    Je tirai le rideau bleu foncé qui couvrait la vitre pour regarder au dehors. J’aperçus le cimetière et je récitai alors une prière pour le repos de l’âme de mon père et de celles de tous les morts musulmans.


    Sans que je ne puisse rien y faire, mon regard s’en alla embrasser ma ville, aussi triste que celui qui s’en va et qui est avide de tout regarder une dernière fois.


    La mouche qui m’avait attendue, me fit manquer l’occasion d’écouter les chansons de Mustapha Sayyed Ahmed [1] sur lesquelles je comptais pour m’aider à tenir le coup. Elle s’obstina à m’ennuyer et je fus alors convaincue que les mouches étaient les plus agaçantes de toutes les créatures.

    Après m’être assurée qu’il n’y avait aucune raison pouvant inciter la mouche à s’accrocher à mon visage - se posant tantôt sur le nez, tantôt sur la joue, parfois sur le front ou encore sur les cils, demeurant indifférente à mes constantes invectives - elle finit par se poser sur mes lèvres et j’en éprouvai de la répugnance. A ce moment-là, elle provoqua tout le mal que j’avais à l’intérieur de moi, la colère, la rancune et l’envie de tuer. Je lui assenai un coup dont la violence atteignit surtout mes lèvres et me fit mal. La mouche quant à elle, vacilla puis tomba. Je baissai la tête et la regardai longuement, j’éprouvai de la pitié pour elle, surtout que j’avais moi-même ressenti la douleur du coup que je lui avais donné. Je crus qu’elle était morte et me le reprochai. Je me trouvais trop sévère et mon moral baissa d’avantage.


    Un instant après, je la vis bouger. Elle était tombée sur ma jupe et ma main, celle-là même avec laquelle je l’avais frappée, fut incapable de l’en balayer. J’étais contente. Elle se mit à bouger encore plus, et je réalisai qu’elle était étourdie ou évanouie. Quoi qu’il en soit, elle avait obtenu ma grâce ou ma compassion puis, à une étape ultérieure, mon amitié.

    Elle avait retenu la leçon car elle ne se posa plus sur mon visage, cependant elle ne me quitta pas et se mit à rôder autour de moi sans me toucher.


    A ce moment là, nous étions arrivés à Al-Hasaysa [2], le steward se mit à distribuer des gâteaux, des biscuits fourrés, du chocolat et des cakes portant la marque commerciale « Nayti » Je tendis la main pour prendre un morceau de gâteau mais il me sembla voir sur la vitre, le visage de Houda, l’amie que j’avais laissée derrière moi. Ce cake était son préféré et je ramenai ma main sans avoir osé me servir. Puis de nombreux autres visages aimés m’apparurent : celui de ma mère, … de mes frères et sœurs, … de mes amis… Certains visages affichaient un léger sourire, ce n’était pas un sourire de joie, mais bien d’encouragement. Sur d’autres la tristesse prédominait… seul son visage à lui avait perdu toute expression.


    J’observais « ma » mouche, elle avait accaparé mon attention, se faufilant parmi les images de ma rêverie, quand une voix masculine me transperça les oreilles. L’homme à laquelle elle appartenait semblait concentrer tous ses sens sur la route :

    - « Attention mon gars ! »

    Il s’adressait au chauffeur turc et bien que le terme utilisé n’appartienne pas à notre dialecte et que nous ne l’entendions que dans les feuilletons télévisés, je me dis que l’homme venait peut-être du pays où l’on utilisait ce mot. En réalité, celui qui l’avait prononcé et qui était assis sur le siège parallèle au nôtre, avait attiré toute mon attention. Ma voisine, ayant suivi une discussion téléphonique du chauffeur, me demanda :

    - « Les Turcs parlent une drôle de langue, non[3]? »

    Puis elle poursuivit fermement :

    - «Ecoute comment il parle ! »

    Je ne m’étonnai pas de son ignorance et lui répondis :

    - « Ils parlent turc»

    Je ressassais les conseils de ma mère et ne laissais apparaître aucun signe d’irritation vis-à-vis de cette voisine qui me gênait. Elle dormait profondément, appuyée contre moi, son épaule ainsi qu’une partie de son bras posés sur moi. Je m’en écartai un peu en suivant du regard les nuages dispersés dans le ciel. Ils me semblaient être comme de la barbe à papa dans sa blancheur, sa friabilité et sa fragile texture.

    Une petite discussion derrière moi parvint à mes oreilles. L’un des passagers faisait la leçon à son voisin :

    - « Il y a de l’air chaud qui rentre lorsque tu ouvres la vitre. Tu es dans un autocar climatisé et tu te crois dans un bus ordinaire.

    - « Je veux cracher mon tabac, mon frère. »

    - « Il y a un sachet prévu à cet usage, mon gars! En dehors du cancer de la gencive à quoi ce tabac vous sert-il donc ? »


    La cassette arriva à sa fin et l’aide du chauffeur mit à la place celle d’un jeune chanteur. L’homme qui avait crié contre le chauffeur auparavant dit :

    - « C’est quoi ça ? On veut des chansons et ça, c’est des hurlements ! »

    Le jeune employé s’exécuta en mettant une cassette de Osman Hassan[4]. L’homme demanda :

    - « Pourquoi la vidéo ne marche pas ? »

    - « Elle est en panne. »

    - « Eh bien, réparez-la ! »

    Le garçon le regarda et faillit répondre, mais il s’abstint de le faire et garda le silence.


    L’homme me désorientait. Chaque fois qu’il avait parlé, il l’avait fait dans un dialecte différent. Au début, je crus qu’il revenait du Proche-Orient, puis je pensai que c’était plutôt du Golfe, ensuite, après une discussion avec le chauffeur, je me dis qu’il avait peut-être été en Egypte…


    « Ma » mouche s’était trouvé de la compagnie. Avec sa copine ou son copain, que sais-je, elle me quitta pour une vitre. Je pris le gâteau qui était dans mon sac et j’en coupai un petit morceau. Je le mâchai à l’aide de mes dents de devant, ensuite je le collai à la vitre. « Je serai sûrement accusée d’avoir violé l’une des lois de la civilisation en salissant les vitres des transports en commun ! » Me dis-je. Puis, je me mis à attirer les deux mouches vers le gâteau, mais elles ne s'y intéressèrent guère. Je fus alors contrainte de souiller un autre endroit de la vitre, plus proche d’elles cette fois et là, je réussis mon coup.

    Je m’interrogeai : « Qu’est ce qui pouvait bien pousser ces deux mouches à voyager ? Savaient-elles qu’elles voyageaient ? Qu’allaient-elles faire à Khartoum ? Moi-même si je n’y avais pas été contrainte, je n’aurais jamais quitté ma ville chérie. Qu’arriverait-il si j’ouvrais la fenêtre et que l’une d’elles en sortait ? S’égarerait-elle et perdrait-elle la trace de l’autre ? Et moi, m’égarerai-je de ma ville lorsque je vivrai ailleurs ? » Je fus à nouveau angoissée à l’idée de devoir m’exiler à Khartoum, avec sa foule, sa poussière, sa forte chaleur et son rythme effréné. Comment pourrais-je supporter ma solitude ?


    « Tu es tout ce que j’ai dans ce monde… » C’est ce qu’il avait écrit un jour… Puis il ajouta une question, oralement cette fois : « Que suis-je pour toi ? » Je ne répondis pas à ce moment-là, mais je regardai dans ses yeux et j’y vis de la sincérité.

    Alors que j’étais en train de tout quitter, après toute une vie et après avoir été abandonnée par la personne que j’avais le plus aimée, je me demandai : « Est-il possible que toute la sincérité que j’ai lue dans son regard soit fausse ? Ou bien m’étais-je trompée dans le décryptage de son expression ce jour-là, si bien qu’à présent la solitude soit devenue ma compagne ? »


    On distribua des bouteilles de boisson gazeuse. Du « Seven up », c’était la seule boisson disponible. L’homme qui m’intriguait et qui avait provoqué la colère de ma voisine et son mépris, refusa d’en prendre et demanda un « Pepsi », ce à quoi le serveur répondit, avec impatience, qu’il n’y en avait pas et qu’il n’avait rien d’autre à lui proposer.

    - « C’est bon, je ne veux rien. »

    Répondit l’homme.

    - « Mais regarde-moi l’arrogance et l’impolitesse de ce nègre ! » Me dit ma voisine. Malgré ma réserve quant à son racisme, je souris et me demandai pourquoi il ne faisait pas comme tout le monde dans ce bus.

    Le serveur complota avec ma voisine et lui dit :

    - « Vous buvez du « Seven-up ? » Ma voisine, qui semblait être une bonne adepte des blagues, répondit sur le ton d’Adroub[5].

    - « Non, nous ne buvons pas de « Seven-up ».

    Ils rirent ensemble et je souris. Il lui tendit une bouteille qu’elle voulut partager avec moi et je l’en remerciai.


    Perdue dans mes souvenirs, je m’éloignai de tout ce qui m’entourait et même de « ma » mouche. Lorsque nous arrivâmes au Marché Populaire[6], je la regardai et vis qu’elle était toujours accompagnée. Je l’enviai et lui dis :

    - « Au moins toi tu n’affronteras pas seule la chaleur de Khartoum. »

    La porte s’ouvrit, à peine mon pied avait-il effleuré le sol qu’une mouche se posa sur mon visage. Elle ne demeura qu’une seconde et je ne l'invectivai pas. J’imaginai que c’était « ma » mouche qui voulait me dire adieu. Je ressentis de l’affection à son égard et la remerciai. Mon inquiétude diminua d’intensité et je me mis à marcher comme les autres au milieu de la foule, au-dessus de nous, le soleil imposait son ardeur.



    (Traduction : Meryem EL ALAOUI)


    المصدر : إضاءات على الأدب السوداني
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العنوان الكاتب Date
نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم19-06-07, 01:24 PM
  Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم19-06-07, 02:32 PM
    Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم19-06-07, 04:19 PM
      Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم19-06-07, 04:31 PM
        Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم19-06-07, 06:34 PM
          Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم20-06-07, 08:03 AM
            Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم20-06-07, 09:55 AM
              Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم20-06-07, 10:05 AM
                Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم20-06-07, 10:10 AM
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                    Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم20-06-07, 10:50 AM
                      Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم20-06-07, 11:09 AM
                        Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم23-06-07, 09:17 AM
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                                                  Re: نقد الانتلجنسيا السودانية هشام آدم24-06-07, 06:05 PM

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